Communiqué de presse
25 janvier 2005
Voeux 2005 d'Écolo Charleroi
Jean-Marc Nollet, Député fédéral
Luc Parmentier, Chef de groupe Ecolo au Conseil Communal
Introduction
Nous voulons profiter de cette période traditionnelle des vœux pour évoquer avec les représentants de la presse de notre métropole trois sujets qui, à n’en pas douter, seront – peu ou prou – dans l’actualité carolo de l’année qui s’ouvre.
Ces trois sujets illustrent parfaitement les rôles d’aiguillon, de vigile et d’alternative démocratique qu’ECOLO assume en tant que parti progressiste soucieux de porter dans le champ politique des combats pour un développement durable solidaire alliant et réconciliant, quand c’est nécessaire, économie, social, éthique et environnement.
Forts du rassemblement qui a réuni samedi dernier plus de 150 militants et mandataires ECOLO à Thuin, nous attaquons 2005 pleins d’énergie et de projets même si nous savons que les défis qui nous attendent sur la voie de la reconstruction et de la reconquête sont nombreux et diversifiés.
Une table-ronde "filières d’emploi" à Charleroi en juin 2005
Pour ECOLO, l’emploi, et plus encore, l’emploi de qualité et durablement installé est l’enjeu numéro 1 de l’arrondissement.
Les chiffres du taux de demandeurs d’emploi parlent d’eux-mêmes (statistiques de novembre 2004). Sur les 14 communes que compte l’arrondissement, 9 sont au-dessus de la moyenne wallonne (qui est de 18,4%) et Farciennes est malheureusement en tête du hit-parade avec un taux de demandeurs d’emploi de 31,63%. La ville de Charleroi est juste en dessous avec 29,46%. Châtelet (28,70%), Fontaine-L’Evêque (25,23%), Courcelles (23,48%), Manage (23,30%), Aiseau-Presles (23,03%), Chapelle-Lez-Herlaimont (22,59%) et Fleurus (21,38%) suivent avec à chaque fois des taux supérieurs aux 20%.
C’est dire si ce défi de la création d’emploi concerne tous les niveaux de pouvoir : de la Commune à l’Europe en passant par le Fédéral et les Régions. Il transcende également le clivage « majorité – opposition ». Il doit mobiliser tous les acteurs carolos.
A l’aube de cette nouvelle année, nous voulons clairement lancer un appel en ce sens. Charleroi a des racines (verre, fer, acier) ; à nous de lui donner des ailes.
ECOLO Charleroi soutiendra sans réserve les efforts et les démarches du Ministre-Président wallon pour obtenir une nouvelle tranche d’aide européenne pour les régions victimes de « l’effet statistique ». En parallèle, nous prendrons l’initiative de réunir au mois de juin prochain une table-ronde "filières d’emplois durables pour le bassin carolo".
Cette table-ronde réunira notamment des représentants des travailleurs et des employeurs. Elle sera pour nous l’occasion de présenter et de discuter des propositions concrètes - sur lesquelles nous travaillons déjà - de création de nouvelles filières productrices d’emplois durables et difficilement délocalisables.
L’expérience de la réflexion qui a mené Charleroi à la création du Biopôle ULB doit nous inspirer pour ouvrir des pistes de développement de l’emploi pour les deux ou trois prochaines décennies, notamment (mais pas exclusivement) dans les secteurs de l’économie verte (comme les énergies renouvelables, l’isolation des maisons, la mobilité, les logements thermodynamiques) et des services de proximité (comme les services d’aide aux personnes, notamment âgées ou encore tout le secteur social et culturel) liés aux évolutions prévisibles de la société.
Lors de cette table-ronde, nous inviterons des initiateurs d’expériences similaires développées à l’étranger, dans des zones comparables à notre bassin d’emploi, à venir présenter leurs réalisations. Avec les acteurs locaux, nous identifierons les conditions pour transférer dans notre région le processus qui leur a permis de relancer, là-bas, l’économie régionale.
Pour préparer cette échéance importante du mois de juin, nous lançons début février un club de réflexion ouvert à tous ceux qui souhaitent dès le départ croiser leurs idées et projets aux nôtres.
2005, l’année des déchets nucléaires à Fleurus - Farciennes ?
Si l’on se reporte au calendrier fédéral, c’est avant la fin 2005 que l’ONDRAF devrait boucler son dossier relatif au choix d’un des trois projets en lice de stockage, en Belgique, des déchets nucléaires de classe A.
Comme on le sait, les communes de Fleurus et de Farciennes envisagent de déposer leur candidature. Nous ne ferons pas ici l’inventaire des arguments qui plaident, selon nous, contre un tel projet. Nous aurons l’occasion d’y revenir ultérieurement et probablement à diverses reprises au cours de l’année qui s’ouvre.
Par contre, nous voulons profiter de ces vœux pour mettre doublement en garde : contre une précipitation finale très malvenue, d’une part, et contre la volonté de plus en plus claire de contourner la consultation populaire pourtant promise, d’autre part.
Prendre le temps nécessaire pour répondre à TOUTES les questions
Selon les informations qui sont en notre possession, l’asbl Paloff aurait pour obligation de remettre un avant-projet pour le mois de mai ou le mois de juin. Le délai de quatre ou cinq mois restant nous semble largement insuffisant pour répondre à toutes les questions importantes qui restent en suspens.
On se prépare donc du côté des acteurs concernés à remettre un dossier bâclé, incomplet dans lequel de nombreuses zones d’ombre subsisteront. Agir de la sorte dans un dossier comme celui de la mise en dépôt de déchets nucléaires est très grave voire même irresponsable.
Nous voulons d’ores et déjà pointer du doigt cette situation vers laquelle on se dirige au nom de la prétendue nécessité de rester en concurrence avec le projet de Dessel (déjà bouclé) et celui de Mol (bientôt bouclé) et... du fait que l’ensemble des budgets sont épuisés !
Rappelons que selon les propres dispositions du programme de travail présenté en septembre 2002, il ne devait, au terme de l’avant-projet, plus subsister d’incertitudes importantes. Nous sommes loin du compte et nous estimons devoir tirer un véritable signal d’alarme à destination des promoteurs du projet et des citoyens de ces deux communes.