le vert pays

site de la locale Ecolo de Charleroi

 

Conseil Communal du 24 juin 2004

Mettre le FN hors-jeu.

Luc Parmentier, conseiller communal.

Tout comme vous, la montée du Front National à Charleroi nous interpelle.

Il est étonnant qu’un parti quasi inexistant, qui ne s’est pas manifesté pendant cinq ans (ni meeting, ni manifestation, ni journal, ni activité parlementaire) puisse obtenir deux élus à Charleroi.
La lutte contre les idées d'extrême droite est une affaire de longue haleine. Le difficile contexte actuel rend malheureusement les discours prônant l'exclusion et le repli sur soi attractifs pour certains.
Dans le vote FN, quelle est la part de dépit ou de rejet en bloc de toute la classe politique ?
En militant pour une société plus juste où chacun pourrait vivre décemment, nous luttons contre ces idées. Je me refuse à penser que tous les électeurs du FN sont des salauds et j'espère que nombre d'entre eux peuvent encore ouvrir les yeux. C'est ceux-là que nous devons convaincre que le fascisme ne fait qu'attiser les conflits et conduit tôt ou tard à la guerre ; que les seules réponses sont la justice sociale et la solidarité, à l'intérieur de notre pays comme envers l'extérieur ; que nous devons tous lutter contre les inégalités, l'exploitation des uns au profit d'un petit nombre, et pour ramener l'économie au service de l'homme.
Les démocraties sont bien désarmées contre les thèses et les agissements antidémocratiques et je partage les inquiétudes de ceux qui pensent que l'Histoire se répète trop souvent. Nous pensons néanmoins que nous devons rester nous-mêmes et nous battre avec nos seules armes, faites de conviction et de persuasion.

Le FN joue avec la peur de chacun, ment avec un aplomb que les médias ne relèvent pas assez. J'ai peur, quant à moi, d'un système qui laisse la peur gouverner : peur de son voisin, peur de la différence, peur de la disparition des traditions (fussent-elles des archaïsmes), peur de tout, la Peur...
Comment rassurer chacun, et trouver des forces communes dans ce qui nous fait humains ? Comment lutter contre un discours qui flatte les plus bas de nos instincts (la meute, le clan, avec son chef, forcément mâle) ?
Sauf à rappeler que ce ne sont pas "les Occidentaux" qui ont inventé l'écriture, les chiffres, l'imprimerie, la musique... mais une humanité dont la danse est parfois macabre, et parfois belle à pleurer.
Sauf à changer ma peur en colère contre, chaque fois qu'ils s'expriment, les leaders d'un parti raciste et xénophobe.
Sauf à changer ma peur en mots, pour tenter de convaincre, chaque jour autour de moi, qu'un combat pour les valeurs de tolérance, de fraternité et de solidarité peut être gagné.

Que faire face à cette nouvelle épidémie de lepénisme, ce terrible fléau dont les symptômes sont maintenant bien connus : on devient borgne, puis con, puis on meurt d'un arrêt du cerveau ?

Quelle est la technique employée pour lutter contre les maladies infectieuses ?

D’abord la mise en quarantaine, le fameux cordon sanitaire puis l’amélioration de l’hygiène, les formations politiques ont un rôle tout particulier à jouer en ce sens : information, démocratisation, participation, droit de vote. Les partis politiques se doivent d’axer leurs priorités vers une politique participative et non plus d’assistanat. Des mesures devraient être prises pour créer des programmes sérieux de formation et d’insertion , pour combattre les causes socio-économiques qui fondent l’angoisse, l’insécurité et la perte du sentiment d’un avenir heureux.
Mais le plus important c’est la vaccination, c’est à dire l’éducation. Le rôle de l’enseignement, du monde associatif et de l’éducation permanente est ici primordiale. L’école est le lieu de passage "incontournable". Il est donc nécessaire d’y mener un réel travail d’éducation, un apprentissage à l’analyse, à l’esprit critique, à la défense de valeurs, au refus de la démagogie, au refus de la pression.
En matière d’information, il s’agit bien avant tout de rendre compte des fondements de notre démocratie : le système parlementaire, le civisme, les législations en matière des Droits de l’Homme...
Parallèlement, le citoyen doit se rendre compte que c’est son combat quotidien, actif et critique, qui engendrera la politique et non l’inverse.

Lorsque la couverture vaccinale est trop faible, le risque est bien réel de voir réapparaître régulièrement des épidémies Il incombe aux Démocrates de préserver les acquis les plus spectaculaires de la médecine préventive. A cet effet, il convient de contrôler régulièrement les certificats de vaccination des enfants, des jeunes et des adultes, d’attirer l’attention des personnes concernées sur les faiblesses et lacunes de leur couverture vaccinale et de procéder aux rappels qui s’imposent.
Il me semble essentiel de dispenser une information systématique sur les faits, gestes et propos de l’extrême-droite. Cela devrait permettre de comprendre à quel point la provenance des individus, membres de l’extrême-droite, leur parcours, certains de leurs comportements sont néfastes à la bonne marche de la démocratie dans notre pays. Je ne sais plus qui disait : "Il ne faut pas prendre les élus de l'extrême droite pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont."

Les résultats électoraux ou les mentalités ne changeront pas du jour au lendemain.
Cela ne doit cependant pas nous inciter à l’immobilisme systématique.
Cela ne doit pas nous empêcher de réaffirmer, plus que jamais, que, les partis, les idées, les pratiques et le vote d’extrême droite restent absolument inacceptables.

Ceux qui connaissent les tactiques du football savent que pour mettre un attaquant hors-jeu, c’est toute la défense qui doit monter en ligne. S’il reste un retardataire, le piège ne fonctionne pas.
C’est pourquoi, nous en appelons à l'union des démocrates.