Conseil communal du 25 novembre 2004
Vu du public...
Jean-Marie Hoornaert, membre de la locale
Après un huit-clos inhabituel, le public prend place dans la salle du Conseil. La présence de plusieurs personnes que j'ai plus l'habitude de saluer devant l'église Saint-Antoine ou sur la passerelle Roi-Baudouin montre bien leur inquiétude par rapport à un des points de l'ordre du jour.
La séance publique commence par un nouvel épisode "tragico-comique" de l'installation des élus du FN. Disons plutôt, de la "non-installation" : les suppléants se désistent au fur et à mesure, si bien qu'il ne reste plus que 3 co-listiers pour éventuellement siéger avant la fin de la législature.
Comme d'habitude, la majorité des points et votes se passe très rapidement. Le Bourgmestre use de son habituel : "Unanimité, je vous remercie". Mais il est normal d'être tous d'accord sur des points tels que l'achat d'un nouvel ordinateur à placer dans un bureau où celui-ci est nécessaire.
Premier moment plus animé. Point 7 : Modification du budget 2004 du CPAS.
Vous avez eu l'occasion de lire le "scoop" de la Nouvelle Gazette : "CPAS : 9.000 factures oubliées... Perte sèche de plus de 600.000 euros !"
Étienne Knoops, chef de groupe du MR (dont le conseiller CPAS est probablement à l'origine de la fuite vers la presse) interpelle donc le Président du CPAS, M. Wilgaut. Celui-ci, à force de chiffres, montre que 600.000 €, c'est bien peu de chose au vu du budget des maisons de repos, pour ne pas parler de celui de l'ensemble du CPAS. D'autant plus que cette somme s'étale sur huit années. Montant dont certainement 40% serait demandé indûment.M. Wilgaut affirme que la comptabilité du CPAS est transparente et assume la responsabilité des éventuelles erreurs : "Inutile de dresser un pilori sur la place Charles II pour y exposer un fonctionnaire 'coupable' !".
L’opposition s’abstient sur ce point.
La suite des points "ordinaires" se poursuivent comme à l'ordinaire (voir plus haut)...
Viens le moment des interpellations !
Une première, de M. Finet (MR) concernant la "Traçabilité du courrier et des dossiers dans les services de l'administration communale".
Une deuxième de Jacques Coupez (Ecolo), concernant l'accueil de la petite enfance à Charleroi, secteur pouvant dynamiser l'emploi. L'un et l'autre très important pour les habitants de Charleroi. Cette question, très précise, (voir texte dans Le Vert Pays en ligne) ne reçoit aucune réponse satisfaisante : l'Échevin Jean-Pol Demacq se contente de dresser l'inventaire de ce qui existe. Et à la question complémentaire posée par Manu Simon, M. Wilgaux confirme qu'aucun projet n'est prévu dans le futur hôpital de Lodelinsart.
Et enfin l'interpellation que tout le monde attend : "Proposition d'instituer un règlement communal interdisant la mendicité sur le territoire de la Ville de Charleroi" de M. Olivier Chastel (MR). Et là, rien. Enfin, pas la demande d'interdiction attendue. Selon Olivier Chastel, le Bourgmestre aurait mal interprété son texte. Pourtant, au yeux de tous, le titre est très clair, et son objet allait dans le même sens.
Olivier Chastel dit simplement vouloir établir un cadre légal à la mendicité ce qui permettrait à la police d'être moins démunie juridiquement. Le discours sécuritaire habituel.
Bref, il se débande [1]. Et toute menace disparaît.
Luc Parmentier donnera le point de vue tout en nuance d'Ecolo. Son texte, se terminant par sa petite touche d'humour habituelle, sera applaudi par le public.
Chose important. Suite à l'interpellation d'Olivier Chastel, le Bourgmestre confirme qu'un groupe de travail limité étudie cette problématique depuis 2 mois. Suite aux réactions de divers membres du Conseil, il dit qu'un texte "martyr" sera proposé à l'assemblée vers la fin du mois de janvier. Un texte "martyr", c'est une proposition à débattre : espérons que cette procédure sera respectée. Car les Echevins ont plutôt comme habitude de vouloir faire simplement avaliser leurs décisions par le Conseil communal. Souvenez-vous de celle de Despiegeleer concernant le parking payant.
Il faudra veiller à ce que cette promesse se retrouve dans le procès verbal de la réunion.
Après ce point, la majorité du public quitte la salle. Suivront 4 questions d'actualités.
Deux proviennent de membres de la majorité. Avec une fois encore cette pénible impression qu'ils ne font que lire un texte écrit par un tiers (celui qui va y répondre ?).
Heureusement qu'il y a une question - très technique et complète - de Luc Parmentier, avec sa pointe d'humour, pour chlore, pardon clore, les débats publics en beauté.
[1] Débander : détendre ce qui est bandé. "Son arc s'est débandé". Le sens vulgaire du verbe est à lire dans le Petit Robert. Comme dirait Brassens "La bandaison papa, ça n'se commande pas."