le vert pays

site de la locale Ecolo de Charleroi

Conseil Communal du 24 novembre 2005

Interpellation

Sites contaminés et/ou dangereux sur le territoire de la ville.

Jacques Coupez, Conseiller communal.

En vous parlant d’anciens sites industriels ou de décharges jugées à risques pour l’environnement et la santé, vous imaginez bien qu’il s’agit d’une suite à l’émission de la RTBF présentée il y a une quinzaine de jour.
Telle que présentée, l’émission laissait sous entendre une rétention d’information de la part des autorités wallonnes car si dans les villes et communes, les quartiers, chacun , du moins je l’espère, connaissait l’existence de ces sites, il n’en n’est pas moins vrai que la plupart ignorent de degré de toxicité.
C’est ainsi, qu’à la faveur de publication de la liste, des sites certes connus pour leur pollution figurent dans le haut du classement.
Je parlerai d’abord du site de la goudronnerie Robert à Ransart

la goudronnerie Robert a été en activité de 1906 à 1970. Diverses substances y étaient produites : goudron, naphtaline, huile de débenzolage, créosote, vernis noir pour métaux, brai, asphalte, bitume, ciment volcanique et trinidad épuré.
A la fermeture de l’usine, les bâtiments ont été démolis et une partie des débris a été utilisée pour remblayer les fondations de l’usine.
Durant les années ’70, le site, a fait l’objet de dépôts de déchets d’origines diverses : chimiques, pharmaceutiques, ménagers, vidanges d’égouts et de garages, etc.

En 1995, on y a installé un centre de tri de déchets de construction

Aucun projet de réaffectation du site n’a été introduit en raison de la présence du centre de tri.

Plan de secteur :

le site est inscrit en zone industrielle à rénover.

Pollutions recensées :

les analyses de sol, d’eau et de déchets ont permis de mettre en évidence de très fortes contaminations généralisées en H.A.P., en huiles minérales et en BTEX et, dans une moindre mesure, en métaux lourds, en phénols, en cyanures totaux.
En outre, d’importantes poches de produits goudronneux purs ont été découvertes lors des investigations complémentaires en mai 2005.

Ce qui peut être inquiétant c’est le fait que des écoulements d’eaux en provenance du pied de la décharge ainsi que la présence de matières douteuses ont été observés dans le jardin d’une habitation voisine.

Durant l’année 2005, la Spaque s’était fixé un calendrier de travail : du rapport de surveillance de 2004, en passant par des forages, des analyses de l’air, de l’eau pour en arriver à fin octobre 2005 à informer les riverains des pollutions recensées sur le site.

A ma connaissance, on est loin du compte, ce qui depuis l’émission crée un certain émoi dans le quartier malgré les assurances données par l’ingénieur de la ville.
Et l’on peut dire aujourd’hui que l’inquiétude est présente chez les riverains de tous ces sites industriels, de toutes ces décharges, désaffectés ou non. Plus largement les carolos se posent beaucoup de questions.

Très rapidement je citerai les cas des anciennes fonderies Allard Giot à Marchienne ou l’on a imaginé un moment reconvertir l’espace industriel en réserve foncière, mais là, le sol est recouvert d’un tapis de sable de fonderie très chargé en métaux lourds, ce qui fit avorter le projet. Aujourd’hui le site fait l’objet d’un dossier SAED, Mais réellement quelle en est la toxicité, doit-il être fermé, interdit au public, quand sera-il réhabilité ?... on est en droit de savoir, tel est mon propos !

Autres sites pollués :

  1. Léonard Giot à Marchienne encore, dans le passé des investigations ont eu lieu. Quid aujourd’hui ?
  2. L’aire du train 600 à la Providence ou en permanence de terres sont rapportées (quelles terres, quels contrôles ?)
  3. Les anciens sites industriels , comme à Couillet ( Hainaut–Sambre, Solvay)
  4. L’aire de l’ancienne centrale électrique "Jambe de bois" à Marchienne,
  5. Verlipack, Glaverbel Gilly,....et prochainement la cokerie de Marchienne.

Les décharges :

  1. du Trou Barbeau ou contrairement à ce qu’a toujours prétendu l’exploitant, une réelle pollution existe (Il avait d’ailleurs été interdit à certains riverains de ne plus consommer les légumes de leur jardin car un taux de plomb élevé avait été constaté –présence de vieux câbles électriques mis en décharge
  2. Et l’on pourrait ajouter toutes les anciennes décharges d’avant fusion et même plus récentes, les centre de tri actuels...
  3. Jumet Heigne : ancienne décharge sur une hauteur, qu’en est il des eaux de percolation ? Y a-t-il un suivi, une surveillance, des analyses sont-elles faites ? Idem pour les sites du
  4. Carabin à la Docherie/Dampremy
  5. Rognac à Monceau, et bien d’autres sur le territoire de Charleroi

Pour tous ces sites, on est en droit de savoir !

Et pour ce faire, j’aimerai aussi savoir Monsieur le Bourgmestre

S’il existe un cadastre des sites pollués ou supposés comme tel dans l’entité de Charleroi et ce, quelque soit l’activité industrielle passée ou actuelle.
Idem pour les décharges et anciennes décharges, où aucun bilan n’été tiré, où il n’y a pas eu de suivi.

Si vous deviez répondre par la négative, c’est alors une véritable carte territoriale environnementale thématisée qu’il faudrait créer en regard d’une autre, celle du développement durable de l'aménagement du territoire de la ville. Ce ne serait pas un luxe !

Cette planification spatiale des sites, mettrait en évidence certaines portions du territoire saturé sur des périmètres restreints entre décharges agréées, dépotoirs et centres de tri de tous genres.

Par ailleurs, quelles garanties avons-nous pour les sites pollueurs en activités, (sidérurgie, verrrerie...... et ce sur leur site "propre" ?

S’il y en a, quels types de contrôles sont effectués sur le voisinage, à quelle fréquence ?

Ne devrait-on pas imaginer ceux-ci, effectués par des organismes indépendants ainsi que la publication des résultats.

Questions encore :

Quels sont les sites qui font l’objet d’un dossier SAED, quel est leur degré de pollution, la réhabilitation de ces derniers est-il total ou seulement paysager suivant le niveau de pollution , quel suivi ?

D’une manière générale, la ville doit précéder la « Région » pour pointer les sites douteux.
Des investigations, des contrôles, les analyses des eaux et des lixiviats, sont donc nécessaires. Bref, il faudrait une meilleure surveillance des sites à problèmes, avec des sanctions pour les pollueurs invétérés (suspension de permis et fermeture du site le cas échéant)
Tout cela nécessite une synergie avec la police de l’environnement de la ville et de la région.

La "tolérance zéro" devrait être aussi appliquée pour toute création de décharges illicites ( du remplissage du fond de jardin à la modification du relief du sol pouvant se révéler une future décharge).L’obligation de remise en l’état initial devrait d’ailleurs être décidée.

Inévitablement se pose le problème des coûts, mais si l’on applique le principe du pollueur payeur, pour les entreprises en activités, le problème peut se régler.

Une caution pour réhabilitation pourrait systématiquement être réclamée à l’octroi de certains permis, pour les autres en activité, un engagement financier à la réhabilitation.

Certes, le sujet dépasse le strict cadre de la ville, mais le travail doit se faire en synergie avec la Région, voire avec le Fédéral pour les problèmes de santé.
Pour le relais, avis aux députés présents et siégeant au sein de ces assemblées.

Pour rester sur le sujet :

Ne croyez-vous pas qu’il faudrait faire une pause, sinon plus pour ce qui concerne l’octroi de permis pour des entreprises de traitements de déchets, Charleroi n’a-t-il pas déjà donné ?

Si des sites devaient s’avérer irrémédiablement perdus, ne pourrait-on pas imaginer sur certains d’entre eux, éloignés des habitations et facilement accessibles, les réserver à des entreprises génératrices de pollution, de nuisances diverses.

En droit de savoir, c’est donc mon souhait, c’est aussi celui de toute la population.