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Conseil Communal du 22 décembre 2005

Budget 2006

Réaction politique

Luc Parmentier, Conseiller communal, chef de groupe

Je tiens d’abord à féliciter les fonctionnaires communaux qui ont travaillé d’arrache-pied pour nous concocter le budget de ce soir.

Une des vocations du budget communal est d’être un exercice prévisionnel et constitue en soi un exercice de gestion financière.
Le budget constitue généralement le premier "signal", le premier "révélateur" de difficultés financières à venir.

Une des premières tendances 2006 est la faible progression des recettes communales. Cette faible progression résulte d’un net ralentissement de la dynamique de la fiscalité locale due à une érosion de l’assiette fiscale des taxes additionnelles due à l’impact croissant de la réforme de l’impôt sur les revenus ainsi que celle du précompte immobilier conjugué à une stabilisation des taux d’imposition.
Afin de préserver son équilibre financier, la Ville de Charleroi semble avoir recherché à maîtriser la progression de ses dépenses en conséquence. Dans le contexte actuel, la marge de manœuvre est très étroite. Les dépenses de personnel, qui représentent près de 50 % des dépenses courantes, sont en effet soumises à de fortes pressions à la hausse (indexation, hausse progressive des pécules de vacances, revalorisations barémiques, etc..). Je voudrais citer le rapport de la Commission Communale portant sur le règlement général de la comptabilité communale. Ce rapport dit : "La commission s’alarme de l’écart croissant qu’elle remarque entre l’évolution de ses recettes et l’accroissement spontané de ses dépenses et souligne le caractère structurel de cette situation. Si le projet de budget ordinaire est équilibré grâce aux mesures de gel de dépenses nettes d’activités, de stricte maîtrise de la dette et de limitation du financement des organismes paracommunaux, la Commission précise toutefois que ces efforts ne peuvent être maintenus sans mettre en péril le bon fonctionnement et la poursuite de l’ensemble des missions de la Ville". Je crois qu’il est difficile d’être plus clair !!!
L’année dernière c’était au niveau du Précompte immobilier que le bât blessait. Je vous avais suggéré à l’époque, Monsieur le Bourgmestre, de mettre à l’étude la possibilité d’une révision extraordinaire des revenus cadastraux des immeubles bâtis ou non bâtis ou l’une de ces catégories seulement. Onze mois plus tard, je n’ai toujours pas eu de réponse à cette interrogation !

Au lendemain des élections communales d’octobre 2006, la nouvelle majorité communale sera notamment confrontée à la révision de la loi de financement des zones de police, à la réforme des services d’incendie, à la hausse possible des charges de pension et à l’impact sur les dividendes de l’ouverture complète du marché de l’énergie. Compte tenu de l’étroitesse de la marge de manœuvre disponible, l’ensemble de ces défis risque de ne pas rester sans influence pour les finances communales, et devra inciter les futurs gestionnaires à faire preuve de vigilance et de créativité. Mais n’anticipons pas, nous aurons tout le loisir d’en débattre lors de la campagne électorale communale prochaine.

Le budget est avant tout un acte politique et constitue la traduction financière de la politique communale. C’est au niveau du budget que se fait l’arbitrage des priorités par l’allocation de moyens limités par rapport à des besoins illimités.

Que dire de la cuvée 2006 : qu’elle ressemble étrangement aux millésimes précédents. L’arrachage des vieilles vignes et leurs remplacements par de nouveaux cépages plus sains n’ont pas l’air d’avoir influencé l’assemblage de la cuvée 2006.

Je crois qu’il est inutile de vous préciser, que n'ayant pas la responsabilité de l'exécution du budget, nous ne le voterons pas.

Un proverbe oriental dit : "Les sages n’ont que leur conseil à donner. Ils ne sont pas garants de l’exécution, elle dépend de ceux qui les consultent s’ils ont du bon sens."